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Enseigner la médecine en BD ?

La revue Exercer m’a demandé de leur écrire un édito sur cette question :
 

Enseigner la médecine en BD ?

Védécé – Bande-dessinateur (ou auteur de BD)
 
Quand on m’a demandé d’écrire un édito sur le sujet, je me suis d’abord dit que ce serai quand même vachement sympa de répondre à cette question avec une BD, justement.
 
Et puis je me suis demandé « Qu’est-ce qu’une BD apporte de plus qu’un simple texte pour enseigner ? ».
 
Spontanément, on a tendance à répondre que des dessins permettent de montrer, à la manière de schémas explicatifs, et ainsi d’éviter des explications qui nécessitent un effort d’imagination trop complexe.
Mais dans ce cas-là, on parlerait de schéma. Et non pas de BD.

 

Alors qu’est-ce qu’une BD a de plus qu’un schéma ?

Je découvre à ce stade de l’édito que je dois définir ce qu’est la bande dessinée avant de pouvoir continuer…

 
Si on se fie à la définition du théoricien de la BD, Scott McCloud dans son excellent « Art Invisible » (sans déconner, lisez-le !), la BD pourrait se définir par « un art séquentiel ».
 
Mouais…
 
Voilà-voilà…
 
 
 
Si on n’a rien compris à Scott McCloud, on peut simplement aller voir du côté Wikipédia (y’a pas de honte !) : « La BD est une forme d’expression artistique, utilisant une juxtaposition d’images fixes, articulés en séquences narratives et le plus souvent accompagnés de textes. La BD étant la principale application de l’art séquentiel au support papier ».
Tiens, revoilà l’art séquentiel de l’autre ! Tout se recoupe ! Youpidou !
Blague à part, ce qu’il ressort de ces définitions, c’est la notion de narration : raconter une histoire.
 
La BD à la différence d’un schéma, permettrait de transmettre un enseignement à travers une histoire, des personnages, des péripéties…
 
Le problème de l’auteur de BD (oui, je dis : « auteur de BD ». Je déteste le terme Bédéiste… Je trouve ça moche… Pas vous ?), le problème de l’auteur de BD donc (ou bien « Bande-dessinateur » éventuellement…), son problème donc, va être de ne pas noyer son enseignement, son information dans sa narration, ses personnages, ses péripéties.
Il faut à la fois captiver l’attention du lecteur, lui donner envie de tourner la page, mais également que sa lecture lui ai appris des choses. S’il retient l’histoire au premier plan, mais passe complétement à côté du message au 2nd plan, le bande-dessinateur (j’aime bien ce mot) aura raté son coup !
 
Moi-même, quand je créé le scénario, je ne m’imagine pas faire une BD uniquement humoristique, sans avoir de message derrière.
 
Mais que retient le lecteur ?
Dans ces 3 extraits, le lecteur a-t-il perçu ma critique du monde hospitalier ? Ou s’est-il arrêté aux blagues de premier plan ?
Et dans ce cas-là, est ce qu’on peut vraiment lui en vouloir ? Si le message n’est pas clair, ce n’est pas la faute du lecteur, c’est que l’auteur a trop dilué son enseignement dans de la narration… Que sa BD n’était pas assez schématique en somme…
 
Je n’ai pas le temps de développer plus. Le rédacteur en chef me fait signe que j’arrive au bout de mes caractères impartis.
 
En gros, ce que l’on peut résumer en simplifiant, c’est que la BD peut tout à fait enseigner, mais il faut que ce soit vachement bien fait !
Vous avez compris ?
Je vais pas vous faire un dessin !
 
Référence
1. Mc Cloud S. L’art invisible. Paris : Delcourt, 2007.
2. Wikipédia. Bande dessinée. Disponible sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bande_dessin%C3%A9e [consulté le 28 décembre 2017].
3. Vie De Carabin – Confidences d’un apprenti médecin – S-Editions